Extrait commenté de L’Homme révolté

Le texte :

La vraie maîtrise consiste à faire justice des préjugés du temps, et d’abord du plus profond et du plus malheureux d’entr’eux qui veut que l’homme délivré de la démesure en soit réduit à une sagesse pauvre. Il est bien vrai que la démesure peut être une sainteté, lorsqu’elle se paye de la folie de Nietzsche. Mais cette ivrognerie de l’âme qui s’exhibe sur la scène de notre culture, est-ce toujours le vertige de la démesure, la folie de l’impossible dont la brûlure ne quitte jamais plus celui qui, une fois au moins, s’y est abandonné ? […]En 1950, la démesure est un confort, toujours, et une carrière, parfois. La mesure, au contraire, est une pure tension. […]La vraie folie de démesure meurt ou crée sa propre mesure. Elle ne fait pas mourir les autres pour se créer un alibi. Dans le déchirement le plus extrême, elle retrouve sa limite sur laquelle, comme Kaliayev, elle se sacrifie, s’il le faut. La mesure n’est pas le contraire de la révolte. C’est la révolte qui est la mesure, qui l’ordonne, la défend et la recrée à travers l’histoire et ses désordres. L’origine même de cette valeur nous garantit qu’elle ne peut être que déchirée. La mesure, née de la révolte, ne peut se vivre que par la révolte. Elle est un conflit constant, perpétuellement suscité et maîtrisé par l’intelligence. Elle ne triomphe ni de l’impossible ni de l’abîme. Elle s’équilibre à eux. Quoi que nous fassions, la démesure gardera toujours sa place dans le cœur de l’homme, à l’endroit de la solitude. Nous portons tous en nous nos bagnes, nos crimes et nos ravages. Mais notre tâche n’est pas de les déchaîner à travers le monde ; elle est de les combattre en nous-mêmes et dans les autres. La révolte, la séculaire volonté de ne pas subir dont parlait Barrès, aujourd’hui encore, est au principe de ce combat. Mère des formes, source de vraie vie, elle nous tient toujours debout dans le mouvement informe et furieux de l’histoire. […]

Il y a donc, pour l’homme, une action et une pensée possibles au niveau moyen qui est le sien. Toute entreprise plus ambitieuse se révèle contradictoire. L’absolu ne s’atteint ni surtout ne se crée à travers l’histoire. […]

Qui se donne à cette histoire ne se donne à rien et à son tour n’est rien. Mais qui se donne au temps de sa vie, à la maison qu’il défend, à la dignité des vivants, celui-là se donne à la terre et en reçoit la moisson qui ensemence et nourrit à nouveau. Pour finir, ceux-là font avancer l’histoire qui savent, au moment voulu, se révolter contre elle aussi. […]

Aucune sagesse aujourd’hui ne peut prétendre à donner plus. La révolte bute inlassablement contre le mal, à partir duquel il ne lui reste qu’à prendre un nouvel élan. L’homme peut maîtriser en lui tout ce qui doit l’être. Il doit réparer dans la création tout ce qui peut l’être. Après quoi, les enfants mourront toujours injustement, même dans la société parfaite. Dans son plus grand effort, l’homme ne peut que se proposer de diminuer arithmétiquement la douleur du monde. Mais l’injustice et la souffrance demeureront et, si limitées soient-elles, elles ne cesseront pas d’être le scandale. Le « pourquoi ? » de Dmitri Karamazov continuera de retentir ; l’art et la révolte ne mourront qu’avec le dernier homme.

Camus, L’Homme révolté

Commentaire :

Introduction : 

Quelques remarques de contexte pour commencer. L’Homme révoltéest rédigé pendant l’après-guerre, et publié en 1951, en pleine Guerre froide. L’influence de l’idéologie communiste et du modèle soviétique sur intelligentsia de gauche en France est alors forte. Ils apparaissent comme l’espoir d’un modèle politique alternatif qui instituerait un régime enfin juste. Ces intellectuels remettent en cause les démocraties occidentales et le modèle libéral incarné alors par les Etats-Unis. 

Enjeux centraux dans L’Homme révolté :

– Réponse implicite à Humanisme et terreurde Merleau-Ponty, publié dans Les Temps Modernesentre 1947 et 1948. Camus s’était disputé avec Merleau-Ponty, qu’il accusait de justifier les camps de concentration soviétiques. Une scène mémorable racontée par Sartre dans Situations IV, pour les curieux !

– Critique de l’humanisme classique, de la morale traditionnelle, de son formalisme et de l’hypocrisie bourgeoise. Dans Humanisme et terreur, Merleau-Ponty accusaitles régimes occidentaux de dissimuler leurs exactions (colonisation, exploitation des classes populaires par les classes dominantes) tout en se positionnant en parangons de vertu alors que l’URSS, elle, assumait sa violence, d’autant plus qu’il s’agit d’une violence qui ne peut, selon lui être mise sur le même plan que celle des régimes occidentaux, car elle « se dépasse vers l’avenir humain » et vise à créer les conditions de possibilité de sa propre suppression : c’est le sens même de larévolution. NB : Merleau-Ponty reviendra de manière critique sur ses positions dans Les aventures de la dialectique(1955). Humanisme et Terreurn’est donc pas le dernier mot de Merleau-Ponty sur ces questions.

Cette critique de la morale traditionnelle est la partie émergée (et salutaire, au moins sur le principe) de l’iceberg qui est la maladie du XXèmesiècle selon Camus : le nihilisme (remise en question radicale de la morale, de toutes les règles et de toutes les institutions en place. Dans un article intitulé « Le temps des meurtriers », Camus brosse en ces termes le portrait du nihiliste contemporain : « La littérature de son temps était en révolte contre la clarté, le récit et la phrase elle-même. La peinture était en révolte contre le sujet, la réalité et la simple harmonie. La musique refusait la mélodie. Quant à la philosophie, elle enseignait qu’il n’y avait pas de vérité, mais simplement des phénomènes, qu’il pouvait y avoir Mr. Smith, M. Durand, Herr Vogel, mais rien de commun entre ces trois phénomènes particuliers. L’attitude morale de cette génération était encore plus catégorique : le nationalisme lui paraissait une vérité dépassée, la religion un exil, vingt ans de politique internationale leur avaient appris à douter de toutes les puretés et à penser que personne n’avait jamais tort puisque tout le monde estimait avoir raison. Quant à la morale traditionnelle de la société, elle lui paraissait ce qu’elle n’a pas cessé d’être, c’est-à-dire une démission, ou une monstrueuse hypocrisie ».L’Homme révoltéfait le diagnostic de cette maladie qui a rongé Camus comme ses contemporains, puis il se demande si l’on peut en sortir et comment. Une des manifestations de ce nihilisme est l’expérience de l’absurde (cf. : Mythe de SisypheL’EtrangerCaligula, et on en trouve des traces dans le texte qui nous occupe). 

Cet extrait provient du dernier chapitre de L’Homme révoltéintitulé « La pensée de midi », en référence à l’idée de juste milieu entre deux extrêmes. Après avoir fait l’inventaire des avatars du nihilisme, Camus propose ce qui est pour lui la seule porte de sortie. L’enjeu est de dessiner un objectif paradoxal : exigeant parce que modéré, difficile parce que limité, ambitieux parce que modeste. Cet objectif consiste à poser une limite à la violence sans pour autant céder au confort de l’extrême inverse, la non-violence, qui peut s’avérer tout aussi destructeur car il revient à consentir à la violence faute de vouloir s’investir activement contre celle d’autrui et à acter un état de fait injuste sans chercher à le modifier. Il s’agit donc de thématiser une révolte paradoxale, une révolte maîtrisée.

Trois mouvements :

I/ Lignes 1 à 10 : Camus renverse une idée reçue : la démesure n’est pas exigence et la mesure tiédeur, c’est au contraire la mesure, seule viable, qui est difficile, et la démesure qui n’est bien souvent qu’un masque que les hommes endossent pour se donner des frissons subversifs.

II/ Lignes 10 à 21 : Camus explique en quoi la révolte, contrairement, là encore, à ce qu’on pourrait croire, n’est pas du côté de la démesure mais de la mesure.

III/ Lignes 22 à 36 : Critique d’une double dimension présente dans l’idéologie révolutionnaire soviétique : l’historicisme (idée que l’histoire peut produire un salut pour l’humanité, qu’il y aurait une finalité à l’œuvre dans l’histoire) et l’utopie (fantasme d’un monde d’où le mal et l’injustice auraient disparu).

I/ Une mesure exigeante, une démesure facile

Première phrase : pourquoi parler de « vraie maîtrise » ? Contre l’idée reçue selon laquelle « l’homme délivré de la démesure en soit réduit à une sagesse pauvre ». On considère généralement que se délivrer de la démesure revient à se poser des limites à ne pas franchir, donc à se réfréner, à entrer volontairement dans un carcan qui est généralement imposé par la société. On pourrait dès lors dire que ce n’est pas une réelle maîtrise de soi puisque nous n’avons pas de contrôle sur les interdits que nous impose la société. Celui qui s’y soumet (même sans le savoir), en renonçant à son pouvoir de démesure (« volonté de puissance » domestiquée), serait ainsi condamné à une « sagesse pauvre » parce que diminuée de la puissance d’action que nous avons. La limite apparaît en effet comme un négatif, un moins, quelque chose qui appauvrit : la marque d’une sagesse médiocre (au sens étymologique : « moyen »),tiède. Sagesse des petits, des « faibles », dirait Nietzsche.

Camus s’oppose à cette conception en démystifiant le fantasme de la liberté absolue liée à l’idée de démesure : il parle d’« ivrognerie de l’âme » pour en faire le pendant dénaturé, ridicule, de l’enthousiasme (au sens étymologique « inspiration », « possession par le divin »), enivrement divin du poète, motif du dionysiaque bien connu (cf. Nietzsche, Naissance de la tragédie). Camus rappelle la réalité, le prix de la vraie démesure : Nietzsche a payé sa « sainteté » (i.e. sa volonté de se rapprocher des dieux) de la folie : la démesure est une atmosphère irrespirable pour les hommes, car notre nature a des limites (mortalité, impossibilités physiques, sensibilité, vulnérabilité, etc.). L’ivrognerie n’est pas l’enivrement : c’est un terme très péjoratif, synonyme d’un laisser-aller qui, loin de nous rapprocher des dieux, nous abaisse, ce n’est pas la démesure glorieuse, qui fascine, qui attire, « folie de l’impossible dont la brûlure ne quitte jamais plus celui qui, une fois au moins, s’y est abandonné ». Cf. image d’Icare qui se brûle les ailes, qui rappelle Meursault dans L’Etrangers’abandonnant symboliquement à la démesure de la nature lorsqu’il se laisse écraser par le Soleil brûlant). La « folie de l’impossible » rappelle quant à elle le Caligula de Camus : « Je prends en charge un royaume où l’impossible est roi ». Il convient de rappeler sur ce point l’échec de Caligula : quand elle est authentique, la démesure est invivable et vouée à l’échec. Quand elle est artificiellement mimée, elle n’est qu’une fausse imitation, pathétique, ridicule : un « confort » (parce qu’elle est une mode, qu’on se donne un genre, qu’elle est facile car on glisse aisément dans l’excès, comme dans un bain chaud), une « carrière » (car cette mode a du succès dans le monde intellectuel, c’est un courant important  à l’époque de Camus : fascination pour le meurtre : surréalisme, Les bonnesde Genêt, pièce inspirée d’un meurtre, fascination pour Sade chez Apollinaire, Eluard, Breton, Blanchot, Bataille, etc.). 

La mesure est quant à elle caractérisée comme une « pure tension ». Contre une conception courante et simpliste de la mesure comme tiédeur, comme éthique frileuse, Camus explique que la mesure n’est pas un état stable de confort, mais un effort perpétuel pour maintenir une voie entre deux extrêmes qui menacent continuellement de l’avaler. Point important : les excès sont faciles, ne demandent qu’à se laisser aller, la mesure est difficile, car elle implique de savoir se réfréner, ne pas se laisser submerger par nos émotions.  Mais en même temps, nous n’avons pas vraiment le choix : la démesure est de toute façon irrespirable, nous sommes donc condamnés à nous donner une certaine limite où à risquer de nous perdre dans un fantasme d’hybris. Les deux voies qui s’ouvrent à la révolte sont dessinées en filigrane ici : celle qui « crée sa propre mesure » et celle qui consiste à faire « mourir les autres pour se créer un alibi ». Soit la révolte est mesurée, soit elle devient meurtrière et perd toute légitimité. Exemple des Justes : opposition entre deux révolutionnaires qui ont le même but mais pas la même vision de la révolution. Pour Kaliayev qui choisit la mesure, une révolution qui élèverait le meurtre en stratégie trahirait l’esprit du mouvement de révolte qui l’a fait naître, en rajoutant à la misère du monde au lieu de lutter contre l’injustice, en engendrant une nouvelle servitude au lieu de libérer les hommes. A l’inverse, pour Stepan, la fin justifie les moyens et « seule la bombe est révolutionaire ». Il oublie en cela l’origine de la révolte, à savoir un non (non à un traitement que l’on juge inhumain, dont on estime qu’il viole notre dignité et notre intégrité) qui est aussi un oui (ce refus doit être motivé, et précisément, si on refuse l’esclavage, c’est parce qu’on se fait une certaine idée de l’homme qui nous apparaît comme une exigence qu’on entend proclamer et défendre par notre révolte), l’affirmation d’une limite. Autoriser une violence illimitée est donc trahir l’esprit même de la révolte, justifier le meurtre, c’est nier la condition de possibilité de la révolte qui est la reconnaissance d’une humanité commune au maître et à l’esclave qui fait revendiquer un traitement d’égal à égal de la part de l’esclave.

II/ Révolte et mesure

D’où la thèse, qui débute le second mouvement du texte : « La mesure n’est pas le contraire de la révolte. C’est la révolte qui est la mesure ». Thèse surprenante, car le terme de « révolte » fait plutôt penser à un soulèvement un peu chaotique, sans retenue, violent. Mais l’explication ci-dessus montre pourquoi, au contraire, larévolte implique la mesureen tant qu’elle jaillit de la prise de conscience d’une valeur (dignité humaine) qu’elle vise précisément à défendre et qui impose une limite à la violence. Mais de même que Camus propose une conception atypique de la révolte, de même sa conception de la mesure est pour le moins surprenante : la mesure n’est pas le calme de l’ataraxie mais le nom d’une tension permanente, d’une contradiction douloureuse, d’un déchirement irréductible (« elle ne peut être que déchirée », « conflit constant »). Pourquoi ? Car la révolte implique à la fois d’accepter le recours à la violence pour défendre la dignité et la vie humaines que la non-violence et l’inaction mettraient en danger, etde reconnaître l’impossibilité de justifier la violence. La mesure n’est pas un état mais le nom d’un combat perpétuel contre soi-même et les autres, contre notre tendance spontanée vers les extrêmes : elle est essentiellement une exigence

III/ Critique de l’historicisme et de l’utopie

Cette tension provient d’une contradiction inhérente à l’homme : être relatif qui aspire à l’absolu, à dépasser ses limites. Pourquoi la référence à l’histoire à la fin de la 2èmepartie du texte ? Cela renvoie à l’influence du communisme soviétique à l’époque où Camus écrit, et aux modèles de la révolution que sont 1789 et 1917, deux révolutions appuyées sur des idéologies qui justifient la violence. « L’absolu ne s’atteint ni surtout ne se crée à travers l’histoire » : rejet des philosophies de l’histoire eschatologiques (surtout marxistes), pas de salut par l’histoire, Camus ne croit pas aux révolutions définitives. Cf. : article du 19 septembre 1944 dans Combat : « Nous ne croyons pas ici aux révolutions définitives. Tout effort humain est relatif. […] Nous croyons justement aux révolutions relatives » : renoncement à l’absolu et profession de foi de réalisme. Problème de la projection, de la dialectisation des valeurs : on mise tout, des millions de vies humaines, sur quelque chose d’improbable ou du moins d’incertain. Pour Camus, au contraire, « la vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent ».

Dernier paragraphe : pas de belles promesses, pas de projet irréalisable, mais un sens désenchanté des réalités. « Butte inlassablement contre le mal » : pas de solution définitive au problème du mal, le « Mal » est une abstraction, on ne peut que soigner les maux ponctuels même s’ils ne cessent de renaître. Cf. : Rieux dans La Peste, fin du roman : « Au milieu des cris qui redoublaient de force et de durée, qui se répercutaient longuement jusqu’au pied de la terrasse, à mesure que les gerbes multicolores s’élevaient plus nombreuses dans le ciel, le docteur Rieux décida alors de rédiger le récit qui s’achève ici, pour ne pas être de ceux qui se taisent, pour témoigner en faveur de ces pestiférés, pour laisser du moins un souvenir de l’injustice et de la violence qui leur avaient été faites, et pour dire simplement ce qu’on apprend au milieu des fléaux, qu’il y a dans les hommes plus de choses, à admirer que de choses à mépriser. Mais il savait cependant que cette chronique ne pouvait pas être celle de la victoire définitive. Elle ne pouvait être que le témoignage de ce qu’il avait fallu accomplir et que, sans doute, devraient accomplir encore, contre la terreur et son arme inlassable, malgré leurs déchirements personnels, tous les hommes qui, ne pouvant être des saints et refusant d’admettre les fléaux, s’efforcent cependant d’être des médecins. Écoutant, en effet, les cris d’allégresse qui montaient de la ville, Rieux se souvenait que cette allégresse était toujours menacée. Car il savait ce que cette foule en joie ignorait, et qu’on peut lire dans les livres, que le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais, qu’il peut rester pendant des dizaines d’années endormi dans les meubles et le linge, qu’il attend patiemment dans les chambres, les caves, les malles, les mouchoirs et les paperasses, et que, peut-être, le jour viendrait où, pour le malheur et l’enseignement des hommes, la peste réveillerait ses rats et les enverrait mourir dans une cité heureuse ». 

« Réparer »  = travail et devoir du médecin. Pas de révolte définitive, donc pas de « révolution » au sens littéral du terme (une révolution, au sens propre, pour Camus, devrait nécessairement être définitive). « Après quoi, les enfants mourront toujours injustement » (cf. : Frères Karamazov, cri de révolte d’Ivan face à la souffrance inutile et injustifiable des enfants).

« […]diminuerarithmétiquementla douleur du monde » : la révolte est un processus indéfini, une lutte continuelle, et non un « coup de tonnerre », la révolution-miracle qui viendrait mettre fin à l’injustice. On reste dans le relatif, donc.

« l’art et la révolte ne mourront qu’avec le dernier homme » : « dernier homme » peut être pris au sens courant mais aussi en un sens nietzschéen : l’homme qui ne croit plus en aucune valeur et qui ne peut donc plus se révolter (au nom de quoi le ferait-il ?), condamné au désespoir et au cynisme. Le point commun entre l’art et la révolte est qu’ils expriment tous deux  une insatisfaction vis-à-vis du monde tel qu’il est, une volonté de le transformer. Pour Nietzsche, l’art est ce qui rend la vie supportable : « L’homme qui sent en lui un excédent de ces forces qui embellissent, cachent, transforment, finira par chercher, à s’alléger de cet excédent par l’œuvre d’art » (Humain trop humain).

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